« Les DRH mériteraient d’être au premier rang »

Face à la difficulté qu’ont les dirigeants à identifier les personnels qui comptent dans leur entreprise, il faut donner une plus grande place aux services de ressources humaines, estime, dans sa chronique, Annie Kahn, journaliste au « Monde ».

Par Annie Kahn Publié aujourd’hui à 16h00

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Chronique « Ma vie en boîte ». On ne compte plus les signaux d’alarme, les propos déchirants quant à l’importance des collaborateurs et des relations humaines dans les entreprises. « Pénurie de talents : le développement de compétences est la clé. 29 % des employeurs français disent ne pas arriver à trouver les talents dont ils ont besoin », avertissent les auteurs de l’enquête du ManpowerGroup « Pénurie de talents », publiée en juin 2018, et menée auprès de 40 000 employeurs dans 43 pays. « L’inadéquation des compétences coûte plus de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) aux entreprises françaises, et 150 milliards de dollars pour l’économie mondiale », alertaient déjà PwC, société d’audit et de conseil, et LinkedIn, en 2014, dans leur étude « S’adapter pour survivre ».

A cette inadéquation entre les compétences disponibles et celles recherchées par les entreprises s’ajoutent trois autres grands défis à relever pour consolider ce « capital humain », si important, nous dit-on. Celui du « changement », primo. Changement technologique, climatique, politique, générationnel, qui bouleverse l’entreprise et impose de repenser son organisation. Secundo, celui de « l’engagement », qui ferait tant défaut aux salariés d’aujourd’hui. Et, tertio, celui de la définition et de l’appropriation par chacun de la « raison d’être » de l’entreprise, préconisée par la loi Pacte.

Et pourtant, si l’on n’imagine guère un conseil d’administration sans personnalité compétente en matière financière ou industrielle, il est fréquent qu’aucun responsable des ressources humaines ne participe à cette instance, sans que cela ne choque personne.

Le vocabulaire change, pas les habitudes

Qu’on les appelle directeur-trice des ressources humaines (DRH), ou chief happiness officer (CHO), les responsables du personnel des entreprises sont en effet rarement considérés comme des personnalités stratégiques. Ces dirigeants, quand ils siègent au comité de direction de leur groupe – ce qui n’est pas toujours le cas –, y sont au service des autres. Fonction support, comme il se dit. Qu’il leur faille désormais dénicher puis gérer des « talents » plutôt que des « collaborateurs » ne change rien à l’affaire. Le vocabulaire employé donne de l’éclat à la fonction, mais, dans les faits, le DRH n’est pas perçu comme crucial.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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