Les prix alimentaires et le bien-être animal, thèmes principaux du Salon de l’agriculture

Les éleveurs veulent faire entendre la « parole paysanne » et protester contre les attaques des mouvements antiélevage.

Par Laurence Girard Publié aujourd’hui à 10h41, mis à jour à 10h41

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Gilles Druet sa vache Imminence, égérie du 56e Salon international de l’agriculture, dans la ferme de l’éleveur, à Saint-Aubin, dans le nord de la France.

La tradition sera respectée. Le président de la République inaugurera, samedi 23 février, porte de Versailles, à Paris, la 56édition du Salon international de l’agriculture (SIA). Emmanuel Macron a donné rendez-vous aux représentants agricoles à 8 h 30. Prêt à s’adresser à la « ferme France », qui a conforté son statut de leader européen, en 2018, avec une production estimée à 73 milliards d’euros. Mais aussi aux jeunes Européens conviés pour entendre son discours sur l’agriculture du Vieux Continent.

Profitant de cette vitrine, les éleveurs veulent prendre la parole et tenter de se réconcilier avec l’opinion publique sur des sujets qui fâchent

Les portes du Salon s’ouvriront alors à la foule des familles prêtes à déambuler dans les allées pour voir les animaux. Veaux, vaches, cochons, moutons, chèvres, lapins, poules, canards, chevaux… Aucun ne manque au rendez-vous. Sans oublier l’égérie, la vache Imminence. Profitant de cette vitrine, les éleveurs veulent prendre la parole et tenter de se réconcilier avec l’opinion publique sur des sujets qui fâchent. Le bien-être animal, par exemple.

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A l’exemple de la Confédération paysanne, qui a mis en ligne sur son site un livre intitulé Paroles paysannes sur les relations humain-animal. « Alors que certain-ne-s plaident pour deslundis verts, la Confédération paysanne, face aux violentes attaques des mouvements anti-élevage comme L214, a mené un travail de longue haleine pour libérer la parole paysanne », affirme le syndicat, qui a convié, porte de Versailles, quelques-uns des 45 éleveurs témoignant dans l’ouvrage.

« Quand on nous traite de meurtriers parce que nous abattons nos bêtes, d’esclavagistes parce que nous persévérons dans la domestication, qu’on nous dit que les loups ont plus le droit que nous de vivre dans les montagnes, après la stupéfaction viennent la colère et le désarroi et c’est très lourd à porter », témoigne Fanny Métrat. Cette éleveuse de brebis en Ardèche déplore « la déconnexion de plus en plus grande en Occident avec la terre, les bêtes et l’acte de production, mais aussi avec la nature et la mort ».

« L’œuf qui ne tue pas la poule »

Pour Myriam Gassiloud, éleveuse de poules pondeuses en Côte-d’Or, « on en arrive à des incohérences incroyables : des défenseurs des animaux qui profèrent des menaces de mort à l’encontre des éleveurs ». Christiane Lambert, présidente du syndicat agricole FNSEA et éleveuse de porcs, a ainsi été qualifiée de « zoocriminelle » par Boucherie Abolition, fin 2018. La FNSEA a porté plainte et obtenu le retrait de la page Facebook de cette association. Mme Gassiloud estime qu’« en coulisse se joue le lobbying des industriels de la viande propre, celle sur laquelle on fait une marge facile ». Pour elle, « penser le bien-être animal avant celui de l’éleveur, c’est une vision désincarnée ». Elle cite le cas de l’entreprise Poulehouse, à l’origine de l’initiative « L’œuf qui ne tue pas la poule », qui propose « une retraite » aux poules moyennant un prix de vente des œufs à 6 euros les 6. Alors, souligne-t-elle, que « le prix de l’œuf payé à l’éleveur ne lui permet pas de vivre décemment ».

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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